CANTIGAS
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I
Cantigas I
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Otra canción
he de cantar,
ingenua.
Otra canción (desnuda de artificios
como mi pena:
que no llora, ni se crispa,
ni se queja).
Otra canción desnuda de artificios
como mi pena,
(como mi pena: muda,
así la relate mórbidamente; y quieta:
no importa que sea motor de mi cansancio,
hélice de mi pereza,
remo de mi estatismo,
ala de mi indiferencia;
como mi pena: -por más que avizore y otée
los horizontes- ciega).
Otra canción he de cantar
ingenua.
Otra canción, de un ritmo opacado, de brumas
y de leyenda,
de brumas
y de quimera:
sin timbres gárrulos de Oriente
-asordinada-; sin tamboriles gayos ni danzarinas bayaderas;
sin bélicos clarines y sin fanfarrias épicas.
Una canción hiperbórea,
gris: que la cantasen noruegos marinos
en sus barcazas pesqueras;
que la cantasen campesinos de Helsingor y aldeanas
de Abylund y de la Karelia.
Otra canción
he de cantar
ingenua.
Sin éste sol vibrante ni los estridores
que me circundan:
como si no habitase las tropicales
beocias antitéticas
-burgos sordos,
cálidas selvas-:
como si no retumbase en mis oídos
la fragorosa cantinela
del río que rompe su fastidio
en las filudas peñas!
Canción que nada diga
y apenas sí sugiera.
Que nada diga
mas deje en los oídos
vaga impresión insegura de leyenda
y de quimera:
(el hondo rumor que de los caracoles
en la rósea espiral se aposenta).
Canción de gente tosca,
de ruda gente marinera,
canción que se cantase en la hora de los coloquios
-del norteño puerto nativo en el muelle
o en la taberna-.
Otra canción he de cantar, ingenua.
Desnuda de artificios
como mi pena,
Sobria de afeites frívolos,
burda como la lona de las velas
de los esquifes pescadores;
burda: ¡y encinta de odiseas,
de temporales y de naufragios
como las velas!
|Junio 1926 -
|Río Cauca -
|«LaHerradura»
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|Chanson
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II faut que je chante
encore une chanson
ingénue.
Une autre chanson (dénnuée d’artifices
comme ma peine:
qui ne pleure, ne se crispe
et ne se plaint).
Une autre chanson dénuée d’artifices
comme ma peine,
(comme ma peine: muette,
ainsi je la conte morbidement; et paisible:
peu importe qu’elle soit le moteur de ma fatigue,
l’hélice de ma paresse,
l’aviron de mon immuabilité,
l’aile de mon indifférence;
comme ma peine: -elle a beau observer et guetter
les horizons- elle est aveugle).
II faut que je chante encore une chanson
ingénue.
Une autre chanson, au rythme opaque,
de brumes et légendes, de brumes
et de chimères:
sans les accents bavards d’Orient
-en sourdine-; sans gais tambourins, sans bayadèresdansantes;
sans clairons belliqueux ni fanfares épiques.
Une chanson hyperboréene,
grise: comme la chantaient les marins norvégiens
dans leurs barcasses de pêche;
comme la chantaient les paysans d’Helsingor,
les villageoises d’Abylund et de Carélie.
Il faut que je chante encore une chanson
ingénue.
Sans ce soleil vibrant ni les sons stridents
qui m’entourent;
comme si je n’habitais pas en des Béoties
tropicales qui contrastent
-bourgs silencieux,
foréts étouffantes-:
comme si ne résonnait pas dans mes oreilies
la bruyante rengaine
du fleuve qui rompt son ennui
sur les rocs aigus!
Chanson qui ne dit rien
et suggère á peine.
Qui ne dit rien
mais laisse dans l’oreille
une vague impression de légende incertaíne
et de chimère:
(Profond rumcur qui se loge
dans la spirale rose des coquillages).
Chanson de gens grossiers,
du rude peuple marin,
chanson qu’on entendait á l’heure desparlotes
-sur le môle du port où l’on est né
ou dans la taverne.
Il faut que je chante encore une chanson ingénue
Dénuée d’artifices
comme ma peine.
Pauvre en apprêts frivoles,
grossière comme la toile des voiles
des bateaux de pêche;
grosiére; et chargée d’odyssées,
de tempêtes et de naufrages
comme les voiles!
|«Le fer à
|Cheval”. Fleuve Cauca, Juin1926.
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Traduit par
André van Wassenhove